Cliché n° 1 : Arnaque, crime et Bitcoin

« Le Bitcoin c’est dangereux, c’est utilisé surtout par le crime, le terrorisme et pour le blanchiment d’argent ! »

C’est la première chose que m’a dit mon copain Hervé. Hervé, pour ceux qui n’auraient pas lu l’introduction à ce dossier-série (qui se trouve ici), c’est un quadragénaire avec qui de temps en temps je fais causette.

Le Bitcoin au service du crime. Je pense que c’est le cliché numéro un qu’on nous ressort à toutes les sauces. Et pourtant… contrairement à ce qu’on entend, le Bitcoin ne sert pas majoritairement le terrorisme, le crime et n’est pas utilisé exclusivement pour le blanchiment d’argent. Loin de là.

Le bitcoin serait-il majoritairement utilisé par le crime et le terrorisme ?

Je vous vois venir, vous allez me répondre « Ah oui ? Mais comment tu sais ça ? T’en sais rien, c’est anonyme et intraçable le Bitcoin ».
Fausse bonne remarque : l’anonymat et l’intraçabilité dans le Bitcoin sont bien survendus.

Par essence, toutes les transactions sont inscrites dans la blockchain. On peut donc tracer l’argent très facilement puisque toute l’information est stockée, et accessible par tous.
Vous en conviendrez, cela rend cette monnaie assez peu pratique si vous souhaitez vous mettre à vendre discrètement le cannabis planté dans le fond du jardin de mémé.


Si je n’ai pas fini de vous convaincre, vous avez accès ici à un rapport qui présente les résultats d’une étude menée par le Center of sanctions and illicite Finance (qui fait parti de la fondation de défense des démocraties) et par le cabinet d’étude spécialisé Elliptic (cabinet spécialisé dans l’identification d’activités illicites dans la blockchain Bitcoin)(1).

On peut y lire ce qui suit :
« The amount of observed Bitcoin laundering was small (less than one percent of all transactions entering conversion services) » (2ème page, Overview of findings, premier paragraphe)

En français ça se traduirait ainsi :
« Le montant de Bitcoins observés utilisés pour le blanchiment d’argent est faible (moins de 1% de toutes les transactions qui font appel à un service de conversion)»

Par “service de conversion” ils font référence à la conversion d’un Bitcoin dans une autre crypto-monnaie, ou dans une monnaie fiat (euros, dollars…), ou encore le transfert d’un Bitcoin vers un autre portefeuille de Bitcoins.
L’étude porte donc sur la quasi totalité des mouvements de Bitcoins, et reflète bien la proportion minime des Bitcoins utilisés pour les activités illégales et illicites.

A présent, vous pourrez aisément briller en société quand quelqu’un tentera de parler Bitcoin sans s’être réellement renseigné et mentionnera ce cliché, que nous venons de déconstruire.


2 commentaires

#Dossier - Lutter contre les clichés du Bitcoin - Cryptomani · 12 mars 2018 à 17 h 59 min

[…] 1) “Le Bitcoin, c’est surtout utilisé pour blanchir l’argent, par les criminels et les terrorist… […]

#Dossier - Valeur 1 - La neutralité du Bitcoin - Cryptomani · 10 juillet 2018 à 15 h 47 min

[…] soit surveillé pour plus de sécurité », je réponds deux choses.Tout d’abord, allez lire ce dossier rédigé par CryptoMani il y a quelques temps, cela vous éclairera peut être sur la question du […]

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