Pour ceux qui auraient raté l’article d’introduction à ce dossier-série, avec la liste des clichés déjà traités, c’est ici.

Cliché n°4 : Le Bitcoin n’est pas écolo

“Le Bitcoin ça consomme beaucoup d’énergie, ça pollue, bref c’est pas bon pour l’environnement !”

J’ai de nouveau croisé mon copain Hervé hier. Cette fois-ci on a parlé écologie. On était tous les deux tombé sur ce papier rédigé par un journaliste du Monde (1), présentant des chiffres assez affolants concernant les oiseaux de nos campagnes. 30% des espèces auraient disparues en l’espace de 15 ans.



Alors on a parlé écologie. Et Bitcoin. Aujourd’hui il n’est pas bon de ne pas être « vert ». Tout d’abord car c’est un enjeu tellement important que tout le monde devrait s’impliquer. Mais aussi parce que ça peut très rapidement faire mauvaise presse.

Malheureusement, il est vrai que le Bitcoin consomme énormément d’énergie, et souvent de l’énergie dite sale. En effet,  50% des mineurs sont en Chine (2), pays dans lequel 60% de l’électricité est produite grâce au charbon (3).
Il faut toutefois relativiser ce cliché et prendre conscience des alternatives qui se mettent d’ores et déjà en place.

Pourquoi le Bitcoin consomme autant d’énergie ?

Il me semble essentiel de comprendre pourquoi la consommation d’énergie est si importante dans le Bitcoin.

Les mineurs ont pour charge de valider les transactions réalisées sur la blockchain Bitcoin, par bloc. Le premier à valider un bloc peut se rémunérer à hauteur de 12,5 Bitcoins.
Le fonctionnement de la blockchain repose sur le fait qu’il y a une multiplicité de mineurs, en compétition, qui vont vouloir valider un bloc de transactions en premier pour pouvoir se rémunérer. C’est donc une course à la validation qui a lieu.


Mais comment valident-ils les blocs de transactions ?

Cela passe par ce qu’on appelle le Proof of Work : la preuve de travail. Pour l’expliquer simplement, chaque mineur va tenter de résoudre une forme d’équation. Le premier à la résoudre est celui qui validera officiellement le bloc et se rémunèrera.
Comme c’est une course, les mineurs ont besoin de matériel avec une puissance de calcul colossale pour à la fois être capable de résoudre l’équation mais surtout de le faire plus vite que leurs concurrents.
Ce matériel consomme beaucoup d’énergie pour fonctionner, ce qui explique la critique faite au Bitcoin quant à sont impact écologique.

Relativiser ce cliché, et mettre les choses en perspectives

Ne soyez pas dupe ! Si ce cliché est vrai il est utilisé à tord et à travers ce qui à tendance à diaboliser le Bitcoin.

Le Bitcoin est-il un si mauvais élève que ça en terme d’écologie ?

Amusons-nous à comparer la crypto-monnaie avec le système financier que l’on connaît. Jusqu’en 1976 (dates des accords de la Jamaïque), toute monnaie fiduciaire était évaluée en fonction … de l’or !
L’or étalon-maître jouait un rôle central dans le système financier.

Savez-vous comment s’extrait l’or ?

Cela implique l’utilisation de mercure, et de cyanure, deux substances très toxiques et polluantes. Vous avez tous vu au moins une fois un film d’agents secrets lors duquel un des personnages secondaires se fait capturer, et avant d’être interrogé, il avale une pilule pour se donner la mort ? Cette pilule c’est du cyanure.


Les dégâts causés par l’extraction de l’or font encore rage, à l’image de ce qu’on constate à Salsigne. Un article titre d’ailleurs : « A Salsigne, 1 siècle d’extraction d’or, 10 000 ans de pollution ? ».

Le Bitcoin un mauvaise élève ? Oui. Le plus mauvais ? Pas nécessairement. Attention, le but ici n’est pas de dire que le Bitcoin est bien quoi qu’il arrive. Mais simplement de donner des éléments de comparaison pour se faire un avis objectif.

Des solutions qui se mettent déjà en place

Et ce n’est pas tout ! Le Bitcoin n’est pas très bon pour l’environnement, mais des solutions efficaces existent déjà pour résoudre ce problème.


Certaines fermes de minage exploitent des énergies vertes, à l’instar de cette ferme hydroélectrique en Autriche, Hydrominer (4). Double avantage pour cette société : moins de pollution et des coûts en électricité plus bas, ce qui lui permet de concurrencer les mineurs chinois (où l’électricité est bien moins chère).

D’autres initiatives voient le jour comme la marque Qarnot qui propose un radiateur qui va générer de la chaleur… en minant des crypto-monnaies !

Enfin des solutions plus techniques existent. Remplacer le Proof-of-work, qui implique une course des mineurs qui sera gagnée par celui qui aura la plus grosse puissance de calcul. D’autres crypto-monnaies fonctionnent en effet sur des concepts différents du Proof-of-work, et n’impliquent pas une consommation excessive d’énergie dans le fonctionnement de leur blockchain (voir Les algorithmes de consensus dans la blockchain (PoW, PoS & DPoS) )

J’en profite pour préciser quelque chose de très important : tout ce qu’on entend au sujet du Bitcoin n’est pas forcément vrai pour les autres crypto-monnaies. Il ne faut pas généraliser et tomber dans l’amalgame.

En conclusion, le cliché traité aujourd’hui est vrai : le Bitcoin n’est pas l’ami de l’écologie. Cependant, des solutions se développent pour palier ce problème.
La question écologique du Bitcoin, à mon sens, fait écho à un souci bien plus important et silencieux : l’impact écologique d’Internet.

Si vous n’avez jamais entendu parler de ça, et de la consommation d’énergie que représentent simplement les envois d’email (on ne parle même pas des vidéos en ligne, du streaming et compagnie) je vous invite à lire ces articles :

Le cout d’internet est astronomique

Quel est l’impact environnemental d’internet ?

La pollution d’internet sur France TV

Il est temps de renouveler internet, GreenPeace

Cela vous fera de la lecture, en attendant le prochain cliché sur lequel on se penchera lundi prochain !

Sources:

(1) Article du monde concernant la disparition des espèces

(2) Etude de Cambridge sur les crypto-monnaies

(3) La Chine gaspille ses milliards avec ses centrales à charbon

(4) Article de France 24 pour rendre le Bitcoin plus vert


1 commentaire

#Dossier - Lutter contre les clichés du Bitcoin - Cryptomani · 22 mars 2018 à 18 h 32 min

[…] (4) “Le Bitcoin n’est pas écolo !” […]

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