Le Bitcoin, une philosophie et des valeurs – intro

Je suis rentré en France il y a quelques mois, après avoir vécu 3 ans à l’étranger (1 année à Dublin puis 2 à Barcelone). Back to Paris.

J’ai rapidement pris rendez-vous avec une des banques françaises les plus connues dans le but de créer une société. Car oui, pour monter sa boite (SAS, SASU, EURL…) on est obligé de créer un compte bancaire professionnel et de faire un dépôt de capital, sans quoi il est impossible de créer officiellement l’entreprise.

Bref, en m’entretenant avec cette demoiselle de la banque, ma “conseillère”, je comprends assez vite l’entourloupe. Je suis donc obligé par la loi de créer un compte bancaire professionnel pour pouvoir monter ma boite. Mais la banque me prélèvera environ 40 euros par mois, avec le forfait qu’ils appellent « esprit libre » (douce ironie). Pourquoi ? Pour les frais de gestion de compte (je me demande encore maintenant ce que ça veut dire), pour inclure les commissions sur les transactions entrantes ou sortantes, plus d’autres frais, d’autres coûts, dont je ne comprend ni l’origine ni la justification.

Je sors alors de l’établissement avec l’impression d’avoir eu un entretien avec un moustique prêt à me vampiriser, et ce sentiment d’injustice clair :
Je souhaite créer mon entreprise, je n’ai pas un capital de départ astronomique, et la banque veut me taxer la modique somme de 40 euros par mois. Dans quel monde créé-t-on un système ou les entrepreneurs sont légalement obligés de créer un compte bancaire professionnel qui va leur coûter près de 500 euros à l’année ? Surtout qu’il est bien connu que lorsqu’on lance son activité on met toujours un peu de temps avant d’être rentable et de pouvoir se rémunérer, alors payer une telle somme à une banque, qui ne sert à rien si ce n’est avoir un compte bancaire et être en règle face à la loi… c’est frustrant.

Rassurez-vous, la conseillère bancaire m’a rapidement proposé de baisser le prix de leur prestation en voyant la tronche que j’ai tiré, et j’ai trouvé sur internet des solutions de substitution qui permettent d’avoir l’équivalent d’un compte bancaire et l’attestation de dépôt du capital pour créer sa société pour « seulement » 9,95€ par mois.

Je vous vois venir, une réponse qu’on pourrait faire à ce genre de remarque est « oui il y a des frais bancaires mais il faut bien payer les gens qui travaillent à la banque et que les banques gagnent des sous ! »

Les banques doivent elles aussi gagner leur vie, non ?

Comme je me suis moi-même fait la remarque, je me suis interrogé sur l’origine des revenus des banques, et sur la question des frais bancaires. Trop élevés ? Pas assez ? Voici ce que j’ai trouvé !

Les banques gagnent de l’argent par 3 moyens principaux. Historiquement, et celui qui est encore le plus important aujourd’hui, ce sont les taux d’intérêts qu’elles appliquent en accordant des crédits qui est leur source première de revenu (1). Comment ça fonctionne ? Elles empruntent à un taux faible pour prêter à un taux plus élevé. Cela représente en général 60 à 75% du chiffre d’affaire qu’elles génèrent. Cependant, les taux étant très faibles ces dernières années, cette activité est moins lucrative. Elle ne représente aujourd’hui plus que 50% de leurs revenus, pour deux raisons :
1) ça rapporte moins du fait des taux d’intérêt faibles
2) les banques ont opéré un virage pour gagner davantage d’argent sur les frais bancaires et commissions.

Donc les banques gagnent surtout de l’argent grâce aux crédits. Et pourtant depuis 4 années, les frais bancaires ont été multipliés … par 3 !! Par 3, en 4 ans. Alors qu’aucun service supplémentaire n’est proposé (2). Rassurez-moi, ça ne choque pas que moi ? Les frais de tenue de compte sont typiquement des frais dont personne ne comprend le sens. Pourtant les banques en ont toutes augmenté le montant.
Selon une étude de 60 millions de consommateurs (3), les banques appliquent presque toutes les frais maximums légaux. A croire qu’elles se sont mises d’accord pour fixer les prix malgré l’illégalité de la pratique. Car en théorie, dans un marché concurrentiel, les prix sont censés être tirés un minimum vers le bas, dans le but d’attirer les clients. 

En plus de cela les banques semblent appliquer des frais dès que l’occasion se présente, dont certains sont réellement limite en terme d’éthique : d’après un article du Figaro (4), de plus en plus de français contestent la « taxe de la mort ». C’est le surnom de la taxe imposée par les banques pour clôturer le compte d’un défunt. Il ne s’agit que d’une simple clôture de compte mais le contexte leur permet de prétendre jusqu’à 300 euros de frais pour cette opération normalement gratuite.

Les personnes les plus en difficultés financièrement sont aussi celles qui se font le plus prélever d’argent… les banques refusent rarement un paiement qui va vous mettre dans le rouge sachant que derrière c’est le jackpot pour elles. 

Bref toutes ces pratiques m’empêchent de penser gentiment et naïvement que ces entreprises appliquent juste des frais pour payer leurs employés.

Le Bitcoin porte des valeurs et incarne une certaine philosophie
La blockchain, le Bitcoin, les crypto-monnaies : une philosophie et des valeurs

Cette petite expérience m’a fait réaliser l’impact que mon aventure (loin d’être terminée) dans la CryptoSphère a eu sur ma façon de penser. Auparavant je ne me serais probablement pas outré de la sorte, même si la pilule aurait été dure à avaler quoi qu’il arrive.
Mais aujourd’hui, les frais bancaires appliqués par les banques traditionnelles m’ont sidéré, surtout qu’un nouveau système financier potentiel émerge, avec des valeurs et une philosophie aux antipodes du système actuel (et bien plus proches des miennes).

Mais quelles sont ces valeurs ? Car je vois mes amis qui me parlent crypto, néophytes comme initiés, dans une perspective (presque) unique de gain financier. C’est vrai que c’est chouette, si on fait les choses correctement aujourd’hui on peut gagner de l’argent rapidement. Mais au delà de cet intérêt pécunier, la blockchain et le Bitcoin portent un projet et une vision qui nous dépasse. Celui d’un monde différent, que vous pouvez considérer comme meilleur ou non, chacun son point de vue.

Ce sujet des valeurs du Bitcoin et de la blockchain, on n’en parle pas assez. Alors qu’en réalité, cette technologie est en fait presque une philosophie, qui pose les bases d’un nouveau monde financier. Etant donné que notre monde entier est régie par les banques et le système financier en place, proposer un système financier alternatif, c’est en fait proposer un monde différent.

C’est donc le sujet de notre nouveau dossier-série : les valeurs du Bitcoin (encore une fois, Bitcoin au sens large du terme, pour parler de la technologie et non pas de la crypto-monnaie).

Articles du dossier série :

– La neutralité du Bitcoin

– Le Bitcoin porteur de liberté


2 commentaires

#Dossier - Valeur 1 - La neutralité du Bitcoin - Cryptomani · 10 juillet 2018 à 15 h 45 min

[…] dossier s’inscrit dans notre dossier-série Le Bitcoin, une philosophie et des valeurs. Ici, le terme Bitcoin fait référence à la technologie, et à la blockchain de manière […]

#Dossier - Valeur 2 - Le Bitcoin porteur de liberté - Cryptomani · 21 juillet 2018 à 15 h 33 min

[…] dossier s’inscrit dans notre dossier-série Le Bitcoin, une philosophie et des valeurs. Ici, le terme Bitcoin fait référence à la technologie, et à la blockchain de manière […]

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